Ce que je cherchais n’était peut-être pas un trésor
En 2024, quelque chose du passé m’a appelée. Cela avait commencé par un mail envoyé, sans raison apparente, par une inconnue : le portrait d’une aïeule, tout aussi inconnue de moi, exposé au musée d’Israël, Jérusalem.
En 2024, quelque chose du passé m’a appelée.
Cela avait commencé par un mail envoyé, sans raison apparente, par une inconnue : le portrait d’une aïeule, tout aussi inconnue de moi, exposé au musée d’Israël, Jérusalem.
Puis il y eut un immeuble emblématique de Bruxelles, dessiné par mon arrière-grand-père, et l’étrange sensation que quelque chose de mon histoire m’y attendait.
Alors j’ai suivi le fil.
Une piste en ouvrait une autre.
Des lieux. Des rencontres. Des archives. Des coïncidences parfois troublantes. Des portes qui s’ouvraient et d’autres qui se fermaient.
Une histoire de souvenir familial enfoui dans des murs.
Une sorte de carte au trésor surgie de mon inconscient, tellement précise et « réelle » que j’avais pu la dessiner sur papier.
Plus étonnant encore : ce dessin correspond à la configuration intérieure d’un lieu réel, que j’ai ensuite pu vérifier de mes propres yeux.
Pourtant, je n’étais jamais entrée dans ce bâtiment. Je n’en connaissais pas la configuration intérieure et n’en avais jamais vu de photos.
J’ai cherché. Suivi mes intuitions. Et découvert certains éléments matériels qui semblaient corroborer le dessin.
D’autres éléments de cette étrange histoire familiale, que j’ignorais jusque-là, se sont également vérifiés dans le réel.
Pendant près de deux ans, cette chasse au trésor m’a fait traverser une histoire familiale dont je connaissais à peine certains fragments.
Mais elle m’a aussi ramenée à ma propre histoire récente, celle qui venait de se dérouler dans le présent.
Quel était le sens de tout cela ?
Les quelques personnes à qui je confiais ce mystère trouvaient l’histoire fascinante. Elle semblait se dérouler comme un film devant nos yeux.
Dans un cercle d’écriture, où nous devions imaginer des synopsis, l’un de ceux inspirés par mon histoire m’avait même valu d’être comparée au « Dan Brown belge ».
Cela m’avait fait rire.
Et en même temps… pourquoi pas ?
J’ai toujours eu un imaginaire développé. Mais cette fois, l’imaginaire semblait étrangement rencontrer le réel.
Plus tard, j’ai eu la chance de rencontrer des réalisateurs de cinéma connus, intrigués par mon aventure et par le scénario qu’elle pourrait devenir à l’écran.
J’avais également commencé à échanger avec une autrice.
Mais quelque chose butait toujours au même endroit.
Je ne pouvais pas encore regarder cette histoire avec suffisamment de recul.
Je la vivais.
On m’avait dit :
« Revenez nous voir quand vous aurez fini. »
Et moi aussi, je pensais devoir en connaître la fin avant de pouvoir prendre toute cette matière et en faire autre chose.
Alors je continuais à chercher.
Je voulais savoir ce qu’il y avait dans les murs.
Je voulais comprendre.
Je voulais trouver.
Par moments, je voulais même prouver que ce que j’avais perçu avait une réalité tangible.
Puis quelque chose en moi a dit : assez.
Je ne saurai peut-être jamais ce qu’il y avait — ou n’y avait pas — à trouver.
Et curieusement, aujourd’hui, cela n’a presque plus d’importance.
Car entre-temps, la quête m’a emmenée ailleurs.
Bien des années auparavant, j’avais créé une entreprise née d’une vision profondément personnelle. Elle avait grandi bien au-delà de ce que j’avais imaginé.
J’en étais sortie avec le sentiment d’avoir perdu quelque chose qui ne se mesurait pas seulement en argent ou en propriété.
Je pensais chercher les traces d’une histoire ancienne.
Je rencontrais aussi la mienne.
Puis, début 2026, un événement personnel grave m’a soudain confrontée à ma propre finitude.
Et quelque chose a changé.
Pas l’histoire.
Ma position dans l’histoire.
Je suis toujours dedans. Après tout, tant que nous sommes vivants, où finit réellement une histoire ?
Mais aujourd’hui, je peux aussi la regarder avec davantage de recul.
Être à la fois celle qui la vit et celle qui l’observe.
Et je n’ai plus besoin d’en connaître la fin.
Je n’ai même plus besoin de savoir avec certitude ce qu’il y avait dans les murs.
La matière est déjà là.
Le réel. Les souvenirs. Les archives. Les rencontres. Les coïncidences. Les intuitions. L’imaginaire. Ce que j’ai trouvé. Ce que je n’ai jamais trouvé. Et tout ce que cette traversée a déplacé en moi.
Peut-être que le sens de cette histoire n’était pas quelque chose qu’il fallait découvrir une fois pour toutes.
Peut-être continue-t-il à apparaître à mesure que l’histoire se transforme — et que je me transforme avec elle.
Qu’est-ce que je veux faire du temps qui m’est donné ?
Comment être davantage dans la vie ?
Et si toute cette matière devenait une œuvre ?
Un film, peut-être.
Non plus un film qui chercherait à résoudre l’énigme ou à démontrer ce qui s’est réellement passé.
Mais une œuvre qui pourrait jouer avec cette matière.
Le réel et l’imaginaire.
Ce qui est documenté et ce qui demeure mystérieux.
Ce qui se transmet.
Ce qui disparaît.
Ce que l’on croit chercher dehors.
Ce qui finit par nous ramener à nous-mêmes.
Je ne sais pas encore quelle forme cette histoire prendra.
Et, cette fois, je n’ai pas envie de le découvrir seule.
Je ne cherche pas quelqu’un pour exécuter une idée déjà écrite.
J’ai envie d’expérimenter une création dans l’interdépendance : chacun pleinement à sa place, apportant ce que l’autre n’a pas, pour laisser naître quelque chose qu’aucun de nous n’aurait pu créer seul.
Alors je lance cet appel à vivre une nouvelle aventure, sans savoir exactement à qui il parlera.
Peut-être que quelqu’un lira ces lignes et sentira simplement :
« J’ai envie d’aller voir. »
Si c’est le cas, rencontrons-nous.

Je cherche un·e partenaire pour porter cette histoire vers un film — quelqu’un qui sache construire, financer, mobiliser, sans jamais réécrire la vision à ma place.