Le TAU — ouvrir des passages
Le TAU ne se laisse pas facilement définir. Il n’en a pas besoin. Pour moi, c’est un portail qui passe par le corps.
Je reviens d’un week-end immersif du TAU dans les Ardennes, le quatrième auquel je participe cette année.
J’ai été frappée cette fois par le nombre de personnes présentes traversant des maladies physiques lourdes, souvent à un âge relativement jeune : Parkinson, AVC, cancer... D’autres venaient avec des souffrances moins visibles — dépendances, blocages.
Je reste convaincue que la santé, comme la maladie, est multifactorielle. Mais j’ai été interpellée par ce qui a émergé dans le cercle : ce que nous avons retenu ou empêché pendant des années — des devoirs non faits, des désirs ou des talents auxquels nous n’avons pas donné de place, des ressentis tus, des parts de nous-mêmes laissées de côté.
Le TAU ne se laisse pas facilement définir. Il n’en a pas besoin.
Pour moi, c’est un portail qui passe par le corps.
Arianna, fondatrice du TAU, et son équipe travaillent avec les corps, l’énergie, l’inconscient, le symbolique, les archétypes et la force du collectif — pour remettre du mouvement là où quelque chose s’est figé, et ouvrir des changements concrets dans nos vies.
Ce week-end, j’y ai vécu une expérience d’une puissance rare, que je n’ai pas complètement mesurée sur le moment.
Occuper une autre place
À plusieurs reprises, Arianna m’a appelée au centre du cercle, comme une sorte d’emblème de guérison, pour rendre sensible ce qui peut être possible.
Je me sentais comme la représentation incarnée d’une possibilité de guérison. Le groupe me regardait depuis cette place symbolique. Je l’éprouvais dans mon corps. Je sentais littéralement le regard collectif transformer quelque chose en moi et renforcer cette possibilité.
Ce mouvement circulait dans les deux sens.
À certains moments, j’avais presque l’impression de devenir un canal. Comme si les autres pouvaient venir toucher, à travers moi, non pas ma guérison, mais la possibilité de la leur.
À eux de s’en saisir ou non.
La guérison prenait une place concrète dans le cercle parce que, symboliquement, je l’incarnais.
C’est ce que représente pour moi le signe de l’infini. Ce que le groupe me renvoie agit sur moi. Ce que j’incarne revient vers le groupe, et peut ouvrir quelque chose de nouveau chez quelqu’un d’autre.
Les places bougent. Et lorsque les places bougent, la vie circule à nouveau.
Cette expérience rejoint une question qui traverse mon propre chemin : combien de nos vies sont organisées par des rôles, des schémas répétitifs devenus invisibles à force d’être familiers ?
Nous pouvons changer énormément de choses autour de nous et pourtant continuer à recréer du nouveau à partir de l’ancien qui vit en nous.
Ouvrir un passage, c’est peut-être rendre visible ce qui se répète, pour que quelque chose de réellement nouveau puisse advenir. Pour que l’ancien cesse de déterminer, à notre insu, ce qui vient après.
Une chirurgienne présente ce week-end, elle-même confrontée à une pathologie grave, disait s’être rendu compte que toute son expertise technique ne représentait qu’une toute petite goutte dans l’océan.
J’ai trouvé cette image frappante.
Le TAU ne prétend pas saisir tout l’océan. Il ouvre des passages.
J’ai été appelée par le TAU sur mon chemin.
Arianna et son équipe souhaitent aujourd’hui ouvrir ces passages à davantage de personnes, notamment à l’international.
Je leur souhaite de le réaliser.
