← Toutes les réflexions

Ma rencontre avec le Vivant

VIVANT · CORPS · TRAVERSÉE

Ma rencontre avec le Vivant

5 août 2026

En février 2026, tout s’est effondré. Plus de sens. Plus de repères. Plus d’énergie. Ce que je souhaite aborder ici, ce n’est pas ce qui est arrivé, mais la manière dont je l’ai traversé.

En février 2026, tout s’est effondré.

Plus de sens. Plus de repères. Plus d’énergie.

Je ne savais même plus lever le petit doigt.

Ce que je souhaite aborder ici, ce n’est pas ce qui est arrivé, mais la manière dont je l’ai traversé.

Effondrée, j’ai pensé au TAU. Je le connaissais déjà. Ce réflexe-là, presque immédiat, c’est ce qui m’a sauvée. Ce n’est qu’ensuite qu’est venue la confirmation : un sérieux déséquilibre de santé. Objectivement, physiquement, c’était grave — mais je crois n’avoir, heureusement, jamais vraiment intégré ça comme tel.

Chose curieuse : je me suis rarement demandé « pourquoi moi », rarement senti que c’était injuste. Je me suis dit, incroyablement vite : ce truc ne m’appartient pas. Ce déséquilibre était un message, et il m’appartenait d’en comprendre le sens.

Très vite aussi, je ne l’ai jamais vu comme quelque chose de permanent. Mon corps avait besoin d’être soutenu, comme avec une béquille, le temps d’une période transitoire. L’avenir le dira peut-être ; pour l’instant, je n’en sais rien.

Le TAU résonnait profondément avec ma manière de comprendre le vivant. Il ne séparait pas le corps, l’esprit et la vie. C’était exactement ce dont j’avais besoin.

La prévention ne suffit pas toujours.

Pour moi, la maladie porte un sens — un cri de l’âme, qui requiert une médecine de l’âme, mais complètement incarnée dans le corps physique et le monde concret. Elle ne devient pas pour autant notre nouvelle identité. Ça, c’était clair, dès le départ.

Ce qu’on voit physiquement n’est pas toujours toute la réalité. Il existe des choses invisibles, matériellement parlant — une coexistence du visible et de l’invisible.

Le plus difficile n’a pas été de demander de l’aide.

Cela a été de la recevoir, dans cette vulnérabilité-là.

J’ai été extraordinairement bien entourée durant toute cette période difficile — à la fois par le TAU, par cette connexion et les personnes qui la portent, et par mes amis, mes proches. Pour choisir le TAU, mes amis m’ont encouragée à suivre ce que je sentais.

Très vite, j’ai aussi choisi des approches complémentaires — sans me disperser dans mille méthodes.

J’avançais par essais, observations et ajustements, étape par étape, sans anticiper ce qui allait ou non m’arriver. Même si j’avais peur.

Petit à petit, quelque chose a recommencé à circuler en moi.

Donner. Recevoir. Circuler.

Au fur et à mesure où les massages du TAU défigeaient ce qui était figé en moi, je me suis remise en mouvement dans la vie. Vraiment dans la vie.

Face à une situation totalement inconnue, que je subissais sans aucune prise dessus, la seule chose qui m’appartenait encore, c’était mon état d’esprit, mon état émotionnel.

Très vite, il m’est apparu que, pour moi, cette traversée ne concernait pas seulement le corps.

Elle venait aussi d’un stress chronique accumulé, de traumatismes anciens, de non-dits familiaux jamais nommés. Ce que Gabor Maté décrit si bien : porter, tenir, faire, encore et encore, dans un silence qui empêche tout de circuler.

Je n’avais même plus la force de lutter.

J’étais trop épuisée pour ça.

Ce n’était donc même pas vraiment un choix.

Mais très vite, une évidence s’est imposée : ce n’était pas quelque chose à combattre, mais à accompagner.

Un travail à la fois sur le corps — des massages énergétiques qui ont commencé à faire recirculer ce que d’anciens traumatismes avaient figé en moi — et sur l’esprit, quelque chose qui me dépassait tout en étant profondément incarné.

J’avais peur, aussi — peur de ce qu’on me proposait, de ses effets, de ce que ça allait faire de moi. On a travaillé cette résistance. Il y a eu des rituels, pour laisser le vieux là où il appartient, sans plus s’y retourner.

Je n’irai pas plus loin ici — certaines choses se racontent mieux en présence qu’en mots.

Ce n’était pas entre les mains d’une seule personne, dépendante de sa disponibilité.

C’était un système rodé, plusieurs thérapeutes en relais les uns des autres — ce dont j’avais besoin, puisque je ne pouvais pas me permettre d’interrompre.

Et j’y ai fait de belles rencontres.

Chacun doit trouver ses propres clés.

Le travail vient de l’intérieur, jamais de l’extérieur.

Cette coexistence — entre ce qui traverse le corps et ce qui, en moi, reste entier — m’a aussi obligée à m’occuper de moi.

De mes besoins.

Vraiment.

Avec le recul, je comprends que ce chemin n’a pas commencé avec un diagnostic.

Il avait commencé bien avant.

Carte aquarellée de parcelles vertes — mon corps en jachère
© Corinne Dumont, 2026 — Mon corps en jachère — Cette image est apparue dans un rêve au début de cette traversée. Je ne l’ai comprise que beaucoup plus tard. Mon corps retrouverait son équilibre, non pas d’un coup, mais parcelle après parcelle.