Cherchons ensemble
Je pars d'une intuition et je tire le fil. Non pas pour démontrer qu'elle est juste, mais pour regarder jusqu'où elle peut être suivie. Je ne connais pas la réponse à l'avance. Je cherche. Et je vous propose de chercher avec moi.
Je pars d'une intuition et je tire le fil.
Non pas pour démontrer qu'elle est juste, mais pour regarder jusqu'où elle peut être suivie.
Je vais chercher dans ce qui existe déjà — recherches scientifiques, travaux d'autres disciplines, expériences, observations du vivant — ce qui permet de l'étayer, de la nuancer, parfois de la contredire.
Et surtout, j'essaie de repérer précisément la frontière : ce que nous savons déjà, ce que nous commençons à comprendre, et ce qui reste, pour l'instant, une intuition.
Je ne connais pas la réponse à l'avance.
Je cherche. Et je vous propose de chercher avec moi.
Il y a quelques jours, au cours d'une conversation, quelqu'un m'a dit plusieurs fois :
« Oui, c'est vrai. Tu as raison. »
Et je me suis entendue répondre :
Non. Ne me dis pas que j'ai raison. Je n'en sais rien. Je cherche avec toi.
Après notre conversation, cette phrase m'est restée.
Je cherche avec vous.
Depuis quelque temps, j'écris beaucoup sur ce blog.
Sur le contrôle et l'émergence. Sur ce que nous héritons sans l'avoir choisi. Sur l'argent et la valeur. Sur nos systèmes. Sur la santé. Sur l'environnement dans lequel nous vivons. Sur ce qui se passe sous la ligne de flottaison.
Vu de l'extérieur, tout cela peut paraître un peu dispersé.
Pourtant, un fil de plus en plus clair relie ces explorations.
Je m'intéresse à ce qui agit sans être immédiatement visible.
À ce que nous reproduisons parfois sans savoir pourquoi.
Aux situations dans lesquelles nous avons l'impression de tourner en rond.
À ces moments où nous savons très bien ce que nous ne voulons plus, mais où quelque chose continue malgré tout à produire le même résultat.
J'ai appelé une partie de cela le Pacte invisible.
Je pourrais essayer d'en tirer une méthode.
Ça ne m'intéresse pas.
Je n'ai pas une meilleure vision, j'en ai une autre
Lorsque quelqu'un me parle d'une situation qui le préoccupe, je peux parfois voir quelque chose qu'il ne voit pas.
Mais l'inverse est tout aussi vrai.
Cette personne regarde la situation depuis un endroit auquel je n'ai pas accès. Elle a son histoire, son expérience, ses sensations, ses intuitions. Ses angles morts aussi.
Moi aussi.
Et c'est précisément là que cela devient intéressant.
Lorsque deux perspectives différentes peuvent se rencontrer sans que l'une cherche à prendre le pouvoir sur l'autre, le champ s'agrandit. Quelque chose peut apparaître entre les deux. Une possibilité que personne n'avait vue. Une question différente. Un lien inattendu. Une évidence qui cesse soudain d'en être une.
Je pense trop.
Je vois des problèmes partout.
Je veux deux choses qui me semblent incompatibles.
Je sais ce que je veux et pourtant je continue à choisir autre chose.
Je m'occupe très bien des projets des autres, mais les miens restent en attente.
Je suis épuisée malgré tous mes efforts.
Nous pourrions immédiatement chercher des solutions. Ou chercher ce qui ne va pas chez la personne.
Je préfère commencer ailleurs.
Qu'est-ce qui se passe ici ?
Qu'est-ce que je vois ?
Qu'est-ce que je ne vois pas ?
Qu'est-ce que l'autre voit que je ne vois pas ?
Qu'avons-nous pris pour une évidence alors que ce n'en est peut-être pas une ?
Il n'y a peut-être rien à réparer.
Il y a peut-être quelque chose que nous n'avions pas encore vu.
Ouvrir une porte
Quelqu'un m'a raconté récemment qu'il espérait « ouvrir de nouvelles portes » pour une personne qui lui est proche.
J'aime beaucoup cette expression.
Ouvrir une porte ne signifie pas pousser quelqu'un à la franchir. Cela ne signifie même pas savoir ce qu'il y a derrière.
C'est ouvrir une possibilité que nous n'avions pas imaginée jusque-là. Élargir le champ. Donner un peu plus d'espace, de souffle, d'amplitude à ce qui semblait peut-être bloqué.
Elle pourra être explorée. Ou pas.
Une graine aura été plantée.
Et c'est peut-être ainsi que je comprends aujourd'hui ce que j'essaie de faire avec ces textes.
Pas apporter des réponses. Pas expliquer aux autres comment ils devraient vivre. Encore moins leur proposer une meilleure version d'eux-mêmes.
Mais ouvrir quelques portes. Relier parfois des choses qui semblaient n'avoir aucun rapport. Descendre sous la surface d'un problème qui paraissait évident. Mettre ensemble des perspectives qui ne racontent pas exactement la même chose.
Et regarder ce qui apparaît.
Car je crois de moins en moins qu'il faille savoir à l'avance ce qui devrait émerger.
Nous pouvons en revanche transformer les conditions à partir desquelles quelque chose de nouveau peut émerger.
Et peut-être que l'une de ces conditions est extrêmement simple :
Accepter qu'aucun de nous ne voie tout.
Alors cherchons ensemble.
